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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 06:49
Le majordome

 

 

Un projet historique porté par les illustres frères Weinstein, mêlant droits civiques et Maison Blanche, tout cela sentait très fort la machine à oscars calibrée. C'est à dire sans écart aucun, l'objectif étant de rassembler autour d'une belle histoire simple,  pas de chercher le geste artistique ou la controverse.

Dont acte, ce majordome s'inscrit donc droit dans sa queue de pie dans la longue lignée des biopics tièdes. Des films dont on connaît déjà le début et la fin, et dont l'illustration millimétrée d'une période historique devrait suffire à ramener du monde dans les salles, et à faire pleurer dans les chaumières.

 

Car elle est quand même merveilleusement américaine, la destinée de cet afro-américain qui a grandi dans les champs de coton, avant de se frayer un chemin jusqu'à la maison blanche où il servira les présidents d'Eisenhower à Reagan, alors que son pays connaît des évolutions sociétales immenses. Des événements qui servent d'arrière plan à une action assez centrée sur la Maison Blanche, où l'on voit passer les différents occupants transitoires du bureau ovale.

Dans le registre Musée Grévin, le film est assez réussi, le sympathique défilé des présidents permettant d'égayer un peu une pénible histoire de couple, qui prend une place invraisemblable à l'écran en raison de la présence d'Oprah Winfrey, très grande star américaine.

 

Sur la montée en puissance des groupes de défense des droits civiques,  le film reste encore dans l'illustration sage, ne montant en puissance (et c'est un comble) que lorsqu'il s'aventure en dehors des murs de la Maison Blanche pour plonger dans ce sud haineux et préhistorique.  En même temps, 2 heures pour traiter 40 ans d'histoire américaine,  c'est nécessairement se forcer à faire beaucoup de raccourcis et refuser de donner de la profondeur à l'analyse.

 

Reste donc un biopic de plus, rarement désagréable mais peu incarné, au casting de luxe et au scénario facile. Pour ceux qui ne connaissent rien à l'histoire américaine, une bonne manière de découvrir en accéléré une page fondamentale de l'Histoire moderne.

Pour les autres, mieux vaut ouvrir un bon bouquin d'histoire. Ou (re)lire la trilogie Underworld USA de James Ellroy. 

 

 

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Published by DH84
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