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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 09:41
Sous surveillance

 

L'ancienne meneuse d'un mouvement étudiant contestataire retombe sous les radars du FBI après 30 ans de fuite. Mariée et avec enfants, elle est devenue une citoyenne modèle plusieurs décennies après une époque de lutte, de passions, et de violence. Sa chute fait remonter à la surface le passé de tous ses anciens camarades, eux aussi rangés des voitures, et dont certains vivent toujours sous de fausses identités ..

 

Le film respire la (bonne) nostalgie.

Sous l'apparence du polar mineur, Redford questionne son passé d'homme engagé, ainsi que celui de sa génération. Venant d'un réalisateur d'un certain âge, l'exercice est parfois maladroit et appuyé, mais il est sincère, honnête, et même passionnant par interludes. En particulier dans le défilé de tous ses anciens activistes reconvertis ou non. Ils sont vieux, usés, fatigués. Certains ont abdiqué face au système, d'autres non. Certains veulent se replonger avec nostalgie dans ce passé "groovy", d'autres non.

C'est là que le casting et le très grand carnet d'adresses de Robert Redford jouent leurs rôles à merveille : avec l'impressionnant chapelet de seconds rôles invités (Nick Nolte, Stanley Tucci, Richard Jenkins, Julie Christie, Brendan Gleeson, Chris Cooper, Sam Elliot, Susan Sarandon... ouf !) ), on a presque l'impression de revoir des vieux potes à chaque nouvelle scène. Des gueules cassées, délavées, désabusées, qui personnifient la nostalgie d'une époque révolue, et le sentiment d'avoir perdu.

 

Et heureusement que les anciens sont là, car le film est beaucoup moins réussi sur son côté jeune. Entre Shia Lebaouf un peu ridicule comme toujours, Anna Kendrick pas crédible une seconde en agent du FBI, et Terence Howard à côté de la plaque, Redford ne semble pas savoir diriger les moins de 50 ans aussi bien que ces vieux briscards, et le film en souffre. En rajoutant quelques maladresses de scénario en cours de route (on devine très vite tous les coups de théâtre, plus vite que les enquêteurs...), on est quand même loin d'un polar ciselé que l'on peut prendre au premier degré. 

 

Malgré ces faiblesses assez criantes, le film parvient à dégager une vraie émotion, une vraie nostalgie tout en se confrontant  clairement à l'histoire contemporaine. Le ton désabusé avec lequel Redford revoit les années 60 ne pourra pas plaire à tout le monde, l'abdication étant parfois dure à entendre. Mais quand elle est aussi sincère...

 

 

 

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Published by DH84
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