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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 07:49
Ma vie avec Liberace

 

Cette fois c'est juré, c'est le dernier. En pré-retraite depuis un certain temps, Steven Soderbergh a livré à Cannes son dernier long métrage, le cinéma étant devenu un peu trop lassant pour lui (ce qui començait franchement à se voir dans sa production récente). Pour partir en beauté, le très éclectique ex-golden boy du cinéma indépendant a donc choisi de se consacrer à un biopic, un des genres les plus classiques et les plus codés.

 

Mais comme Steven ne fait rien comme tout le monde, il a jeté son dévolu sur Liberace, une immense star de Vegas qui a caché son homosexualité pendant des décennies,  et cela malgré des spectacles et des costumes d'un kitch absolument phénoménaux. Un biopic gay, auquel le réalisateur a convié deux très grands acteurs dont un sur le retour (Michael Douglas), ne leur mettant aucune limite.

 

Résultat, le film n'a même pas pu sortir en salles aux Etats-Unis, et a du se contenter d'une diffusion sur la prestigieuse chaîne de télé cablée HBO, après que les dirigeants des studios aient avalé leur eau minérale de travers devant un tel déferlement kitch et gay, avec évidemment des stars s'embrassant à pleine bouche dans le jacuzzi.

 

Ce n'est pas nouveau, Soderbergh est un homme de coups. Le concept de ses films l'intéresse plus que ses films eux-mêmes désormais, et c'est malheureusement encore le cas ici. On sent la jubilation du metteur en scène de projeter sur l'écran un Michael Douglas étonnant en vieille folle, dans ces intérieurs décorés avec la légèreté légendaire de Vegas. Mais ce sera à peu près tout.

Malgré deux acteurs vraiment très brillants, malgré une photo impeccable et une reconstitution brillante, le film laisse sur sa faim. Peut-être parce qu'il semble peu s'intéresser au fait que Liberace ait été forcé de cacher son homosexualité toute sa vie, ce qui est un vrai sujet. Mais surtout parce que la vie de cet homme est au final bien peu passionnante, sans épisode marquant, sans grande scène, sans accomplissement véritable.

Devant un tel désert narratif, reste donc le mélo. Et là, Soderbergh n'arrive que rarement à faire pointer l'émotion, passant comme dans une course de haies toutes les étapes obligées de l'exercice avec rythme mais sans passion (la rencontre, la lune de miel, la dégringolade, les avocats, etc...)

 

 

On peut rester admiratif devant la performance de Michael Douglas, de Matt Damon, parfaitement épaulés par Dan Arkoyd et Rob Lowe qui viennent mettre un peu d'air dans ce film parfois très monotone.

Mais on cherche toujours l'intérêt de proposer un biopic de deux heures sur un tel personnage...

 

 

 

 

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On pourra regretter le ton un peu mielleux de dernières minutes, mais le jour où une comédie de studio parviendra à être méchante jusqu'au bout, c'est que le patron du studio se sera (aussi) reconverti dans la drogue. 

 

 

 

 

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Published by DH84
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