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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 07:54
Promised land

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un bled au milieu de la Pennsylvanie, à l'Est de Etats-Unis. Pas très éloigné des triomphantes mégapoles Atlantiques, et pourtant si loin. Même la VRP de la puissante compagnie de gaz n'en revient pas lorsqu'on l'envoie, avec son collègue fraichement promu, signer des baux à la chaîne avec les agriculteurs locaux pour l'exploitation du gaz de schiste. Dans cette région pauvre et rurale, les commerciaux top niveau déguisés en fermiers rencontrent d'abord un certain succès en faisant miroiter des revenus faciles aux exploitants terriens. Jusqu'à l'arrivée d'un militant écologiste qui vient jouer les trouble-fêtes en distribuant des photos d'exploitations décimées par l'exploitation de gaz par fracturation hydraulique. Ce qui plombe un tantinet l'ambiance...

 

Les gros contre les petits, la World Compagny contre les gens simples, le profit contre les vies. Une fois de plus, les deux ennemis juré montent le ring du cinéma américain qui n'aime rien tant qu'observer David luter de toutes ses forces contre Goliath. Et même si David est régulièrement repoussé dans les cordes, comment ne pas se ranger dès le départ aux côtés de ces gens charmants, sympathiques mais durement touchés par la crise économique ? C'est une des faiblesses du film, qui dresse un portrait un peu trop idyllique d'une communauté rurale à bout de souffle, mais exemplaire de bout en bout.

 

Ce "Promissed Land" serait donc "Erin Brockovich" à l'envers, filmé non plus du côté des victimes potentielles, mais bien de la grande entreprise cynique qui pille les ressources naturelles. Sans avoir l'ampleur d'un grand film d'investigation, ni la puissance narrative de son illustre prédécesseur, le film de Gus van Sant (appelé à la dernière minute pour remplacer Matt Damon à la réalisation) restera un objet modeste mais intéressant, qui vaut principalement le détour pour deux raisons.

Son dernier quart d'heure d'abord, où le scénario assez plat jusqu'ici prend alors du relief et de la profondeur, tout en osant un épilogue pas facile à asumer. Ses personnages et ses comédiens ensuite : Matt Damon et John Krasinski (co-auteurs du film), l'un qui excelle une fois de plus dans l'américain moyen en plein crise de foi, l'autre très crédibleen écolo tranquille. Et puis il y a France McDormand, comédienne passionnante qui mériterait un film à elle toute seule. Derrière le sourire et la calme, une détermination sans faille et une force de persuasion qui déplacerait les montagnes...de quoi parfois faire peur.

 

Pour un film de Gus Van Sant, ce n'est pas un très grand cru.

Mais pour un petit film américain engagé, première vraie-fausse réalisation de Matt Damon, c'est tout à fait honorable

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Published by DH84
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