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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 06:13
The grandmaster

 

Ex-star des festivals, vénéré par les cinéphiles comme par les critiques, Wong-Kar-Waï avait été légèrement en retrait depuis quelques années. Une brève parenthèse américaine agréable sans être mémorable (My Blueberry nights). Une présidence au festival de Cannes (pas mémorable non plus, d'ailleurs). Mais peu de longs métrages, d'où l'excitation grandissante de son petit noyau de fans à l'annonce de la mise en chantier d'un film fleuve sur le kung-fu. Et comme à son habitude, le Maitre a pris son temps, embarquant son monde dans un tournage délirant de plus de 3 ans, qui aurait pu désespérer le plus aguerri des producteurs...

 

A l'arrivée, un patchwork étalé sur plusieurs décennies qui suit différents grands noms du kung-fu, depuis l'invasion chinoise jusqu'aux années 60, en s'accrochant à une platonique histoire d'amour impossible entre Tony Leung et Zhang Ziyi (des acteurs dont la capacité à ne plus vieillir depuis une bonne dizaine d'années me surprendra toujours). En traversant le siècle dans l'Empire du milieu, on nous parlera surtout de transmission du savoir, de respect d'un art, d'honneur de ses aînés et de rivalités géographiques entre Nord et Sud.

On verra en arrière plan défiler l'histoire de la Chine et toutes les horreurs de cette période. Et puis l'on verra des combats, à mains nues principalement, souvent accompagnés de pédagogiques explications sur les différents styles. Rarement dans l'outrance et la démesure (on est définitivement pas chez Tsui Hark), et même souvent avec une forme de modestie dans le décor et dans le cadrage de l'action, comme si le film était contaminé par l'ascétisme d'un héros bien flegmatique.

 

Beaucoup de thèmes en somme, malgré une matière narrative pas spécialement riche. Alors évidemment, à l'arrivée, c'est beau. Même magnifique par moments. La classe de la mise en scène, la précision de la photographie, l'œil du réalisateur nous rappellent régulièrement que sous ses airs de blockbuster chinois, c'est bien chez Wong-Kar-Waï qu'on est entrés. Mais avec son montage éclaté, ses ellipses, ses retours dans le temps, on sent à chaque seconde les trois ans de tournage qui ont accouché dans la douleur d'un long métrage finalement pas très équilibré.

 

Car contre toute attente, le film-monstre ne dépasse pas les deux heures, une durée très (trop ?) raisonnable qui le laisse à la fois long et court, ample et comme amputé. Derrière cet amas de pellicule, on voit parfois le chef d'œuvre. Une séquence de danse irréelle dans la  neige pendant l'épilogue avec les arbres et le vent. Un incroyable ballet sur un quai de gare enfumé entre un homme, une femme, un singe et un train qui ne semble jamais vouloir en finir. Pendant quelques secondes, on est tellement transportés que l'on en reprendrait bien pour quelques heures...avant un retour plus tranquille vers un triptyque un peu triste de héros désœuvrés. Ce qui laisse beaucoup de questions en suspens. La plus cruciale d'entre elles étant : y avait-il autre chose sur la table de montage ?

 

 

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Published by DH84
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