Critiques de films et de séries, Actualité du cinéma et du box office

Un petit supermarché Discount dans une triste banlieue du Nord de la France. Le décor est planté, et il fait peur. Des emballages plastique à perte de vue, la précarité d’un emploi, la petite cheffe autoritaire, le ciel gris, et une course à la performance totalement inhumaine.
Bienvenue au XXIème siècle dans une France pas si souvent mise à l’écran avec autant de générosité. Une partie pas très visible de la population, soumise à des contraintes de dingue, qui n’est pas toujours sure de pouvoir finir le mois malgré un travail harassant et sous pression. C’est la première grande qualité du film : savoir parfaitement saisir ce milieu avec gravité et sympathie, mettre en images des vies pas évidentes et rappeler la précarité et la difficulté du travail dans un secteur d’une violence humaine assez hallucinante. Avec des employés pressurisés, chronométrés, fouillés, presque traités comme du bétail. Une vraie lessiveuse sous lumière artificielle, qui n’a plus grand-chose d’humain. Un monde où on a du mal à finir le mois mais où l’on détruit des stocks de nourriture à grand coups d’eau de javel.
Et donc, qui appelle une révolution, qui va être menée par une bande de bras cassés bien décidés à ne pas se laisser broyer par la machine. Dignes héritiers de Mission :Impossible, ils vont échapper au caméras et aux systèmes de surveillance pour faire sortir de la nourriture, et la revendre dans leur « épicerie équitable ». Tom Cruise n’aurait pas fait mieux.
Et c’est donc dans un joyeux bordel que la fine équipe transforme une grange à l’abandon en magasin de quartier à prix cassés, pour le plus grand bonheur des voisins.
Dans la lignée de Ken Loach, le film n’a pas la finesse du maître anglais, mais se rattrape par sa générosité et sa capacité assez inédite en France de gérer à la fois un fond grave et une bonne humeur franchement contagieuse. Avec en prime, de vrais beaux personnages secondaires, comme ce petit voisin serveur qui prend de plus en plus d’importance au fil des minutes, ou ce père grincheux qui devient tellement touchant.
Un film qui donne envie d’être du côté des petits, des emmerdeurs, des empêcheurs de tourner en rond. Sans jamais être démagogique.
Un petit miracle.
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Le passage en format 20 épisodes avait déjà fait beaucoup de mal à la série. Peut-être qu’en regarde un par semaine étalé sur un an rend l’exercice plus supportable. Mais la vie est trop court pour supporter des foutages de gueule pareils.
Allez, ouste. La sortie, c’est par là.
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