Critiques de films et de séries, Actualité du cinéma et du box office
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Un vaisseau qui se crashe sur la Terre devenue un espace inhospitalier (parce que les vilains humains l'ont allègrement bousillé il y a des milliers d'années, comme d'hab). Le fiston à son papa général coincé suite à l'accident doit parcourir une centaine de kilomètres dans une jungle hostile pour aller chercher une balise de survie.
Le croisement de deux stars de ce niveau aurait pu être un événement... il y a 10 ans.
Réunir M.Night Shyamalan et Will Smith aurait eu quelque chose du blockbuster ultime au début de années 2000. Mais voilà, Hollywood a (beaucoup) changé depuis. Le règne des stars est terminé, laissant place à celui des franchises. Et le réalisateur n'est plus le golden boy d'un système qui déploie le tapis rouge aux auteurs capables d'emballer des blockbusters. De petit génie, Shyamalan a progressivement glissé vers le statut d'auteur maudit (au mieux) ou de tâcheron irrattrapable (voir sa dernière livraison qui a beaucoup fait rire).
Résultat : ce blockbuster expérimental a un petit côté anachronique qui se savoure plutôt bien. Avec sa star productrice et son réalisateur indépendant, il est en opposition totale avec la méthode de fabrication actuelle de ce type de films, basé sur la toute puissance du studio et de gentils acteurs qui prennent leurs cachets sans trop discuter. Rien que pour ça, After Earth mérite un petit détour.
Pour le reste, le simplisme absolu de l'histoire et la morale assez douteuse a fait se lever nombre de boucliers contre une influence scientologue supposée.
Peut-être, il n'empêche qu'on ne ressort pas de la salle convaincu de quoi que ce soit, on peut donc laisser cet aspect de côté. Ce qui rend le film parfois intéressant, c'est cette façon permanente de se décaler du manuel du blockbuster : un rythme traînant, très peu d'humour, une star bloquée sur son siège, peu de personnages... on est pas encore dans le film expérimental, mais le talent goût intact de Shyamalan pour l'originalité de la forme et du fond fait quand même du bien en ces temps de standardisation absolue.
Malheureusement, le fil narratif est d'une faiblesse problématique, qui empêche le film d'aller plus loin que de son concept. Le sujet et l'aridité scénaristique se prêtait à de la contemplation, de la réflexion, du doute.
Mais Shyamalan refuse systématiquement de donner dans la métaphysique, pour mieux se retourner vers le parc d'attractions avec ses montagnes russes (les petites bébêtes, la bébête qui vole, la très grosse bébête), jusqu'à une fin hyper attendue et douloureusement facile. Car c'est bien l'émotion simple qui intéresse son Will Smith de producteur, ravi de pouvoir donner de grandes leçons de vie sur le courage et la filiation...un Will Smith d'ailleurs très convaincant dans un rôle compliqué. On ne peut pas en dire autant de son fiston, pas encore un acteur, qui ne tient jamais ses scènes émotionnelles correctement. Les ravages du népotisme en image...
A l'arrivée, rien de transcendant donc, pour ce curieux film un peu pataud. Mais ce n'est pas un Marvel, ni une suite, ni un reboot, ce n'est pas trop désagréable visuellement et... pas trop long.
Pour commencer l'été, on s'en contenterait presque...
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