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Critiques de films et de séries, Actualité du cinéma et du box office

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Dans la brume électrique




Bertrand Tavernier un grand amoureux du cinéma américain. Avec ce polar, situé en Louisiane et tourné en anglais, il a avoué réaliser une sorte de rêve… mais il s’est aussi heurté aux us et coutumes du métier de l’autre côté de l’Atlantique. Contrairement en France, où le réalisateur a un contrôle étendu de son œuvre, c’est la plupart du temps le producteur qui a la main dans le système américain, y compris sur le montage et le rendu final (le fameux « final cut »). Tourné il y a près de deux ans, ce film sort donc dans une version « européenne » après une bataille acharnée entre Tavernier et son producteur, qui a choisit de sortir une version différente du film aux Etats-Unis, et directement en DVD (un succès, d’ailleurs) .

La Louisiane donc, après le passage de Katrina. Le cyclone a dévasté les maisons et les paysages, mais il a aussi déterré des secrets anciens : un cadavre enchaîné, vieux de plusieurs décennies est retrouvé dans le bayou, des jeunes filles sont tuées en séries pendant que certains habitants croient voir les fantômes de généraux confédérés se balader dans les marais. Un vieil inspecteur essaie de démêler les fils de ces enquêtes…Malgré une trame qui peut apparaître assez classique, il s’agit d’un polar volontairement très décalé et original. Plus que l’histoire et l’enquête policière en elle-même, c’est cette Louisiane incroyable qui a fasciné Tavernier : ses personnages pittoresques, cette ambiance surréaliste, à la fois chargée d’histoire ancienne et terriblement marquée par le cyclone. Tout le film se met donc au diapason de cet endroit : la narration est lente et patiente, le récit bascule parfois dans le fantastique sans crier gare, l’alcool est partout. La galerie de personnages est complète et particulièrement travaillée : de la superstar de cinéma alcoolique au guitariste black en passant par le riche et dangereux propriétaire, chacun apporte sa touche au tableau, sans oublier Tommy Lee Jones, dont l’air continuellement bourru  et la présence à l’écran ne s’attenue pas au fil des années.  

Alors il faut parfois s’armer de patience et se laisser tranquillement emporter pour apprécier vraiment le film, on pourra se demander si un peu plus de rythme n’aurait pas donné à l’ensemble la consistance qui lui manque quand même pour dépasser le stade du « tableau vivant ». Certes, le film ne manque ni d’âme, ni de style, mais il est parfois un peu instable dans le montage ou la réalisation… Sans avoir à se battre  avec sa star et son producteur, Tavernier aurait-il fait mieux ?  

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