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Critiques de films et de séries, Actualité du cinéma et du box office

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Les beaux gosses

 


Quelques mois de la vie ingrate et complexe d’un collégien, vus à travers les yeux d’Hervé et de sa bande de potes : Camel, le beur metalleux, Meryl, sensible et efféminé, et Benjamin, l’intello de service. L’adolescence. Les filles. Le collège. Les boutons. Les filles. Les profs. Les soirées. Les parents. Surtout les filles en fait.

Un petit miracle. C’est comme qu’on pourrait appeler le premier film de Riad Sattouf, qui réussit le tour de force assez incroyable de produire un des films français les plus emballants de ces derniers mois, en traitant du thème mille fois rabattu de l’adolescence. Venu de la BD, le réalisateur crée un univers mi-réaliste mi-cartoonesque, qui colle parfaitement à l’absurdité ambiante de la fin des années collège. C'est assez irresistible, parce que le film n'oublie jamais d'être à la fois très drôle et très réaliste.
Drôle d’abord, parce que la découverte des sentiments, la course à la reconnaissance et les tentatives répétées « d’emballer » donnent évidemment lieu à des situations incongrues, en particulier quand on comprend que les petits gars, en plus de ne pas être des tops models, ne sont manifestement pas très familiers de la chose. Et les parents, au choix envahissants et/ou embarrassants, n’arrangent évidemment rien. Réaliste ensuite : entre les séances un peu sordides de branlette collectives devant un porno, les parents qui font irruption dans la chambre au même moment, les cours pas vraiment passionnants, les séances de spiritisme à deux balles et l’obsession perpétuelle pour le genre féminin, tout ça n’est pas très glorieux. On est loin de High School Musical !  Mais personne dans la salle ne semble surpris par cette description un peu crue, on a plutôt tendance à regarder l’écran avec effroi tant ces petits merdeux nous rappellent…nous, au même âge. Comme si notre esprit avait décidé d’effacer sélectivement certains des passages les moins racontables de notre existence, et que le film nous les renvoyait un à un dans la figure. L’angoisse !

Mais le réalisme c’est aussi la cruauté quotidienne de cet univers : humiliations, insultes, brimades, boutons, et bien sur un vrai respect des autres : gros thon, pauvre type, crypto-fasciste, laideron, sale nain, etc... Et c’est le même mec qui vient se faire jeter comme une merde par la starlette de la classe qui fait preuve d’une grande classe dans les deux minutes qui suivent pour expliquer à la petite timide que « non, je vais pas sortir avec toi, t’as vu ta tronche ? » Ca fait rire, mais ça fait quand même un peu froid dans le dos.

On pourra reprocher au film de se traîner un peu en longueur, mais c’est un défaut mineur tant il évite tous les pièges classiques du genre avec élégance : pas de morale gnangnan, pas de happy end forcé, pas d’événement dramatique qui va les faire grandir gnagnagna Juste une chronique drôle et juste d’un âge qu’on n’appelle pas pour rien l’âge ingrat. Les US ont Zac Efon et Miley Cyrus, nous on a les beaux gosses. Et franchement, ils sont carrément mieux.  

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