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Critiques de films et de séries, Actualité du cinéma et du box office

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The informant !




Début des années 90. Mark est un cadre supérieur modèle dans une entreprise d’agroalimentaire, qui se retrouve au centre de bien curieuses affaires. Entre les ententes sur les prix et les maîtres chanteurs japonais, sans parler des recettes plutôt créatives des produits vendus par sa boite, il décide de se confier au FBI. Sentant la grosse affaire, le Bureau lui propose de jouer la taupe au sein de son entreprise. Mais l’infiltré est gaffeur, pataud et imprévisible.

Pourquoi Steven Soderbergh, qui n’est jamais aussi bien que quand il ne fait rien comme tout le monde, s’est-il intéressé à cette histoire a priori presque banale ? Pas seulement parce qu'elle est tirée d'une histoire vraie, mais aussi parce qu’elle n’est pas aussi banale qu’elle est a l’air, évidemment. Ce n’est pas seulement une arnaque industrielle, c’est un peu plus que ça, mais on ne peut pas trop en dire pour ne pas trahir le film. Simplement que le film entier est dédié à cet hurluberlu, ses questions, ses doutes, ses paranoïa.

L’angle d’attaque n’est pas inintéressant au départ, mais il faut avouer qu’il n’est vraiment pas bien traité. Tout le film se concentre sur le personnage joué par Matt Damon, au point de faire le vide autour de lui. La seule originalité en matière de mise en scène consiste en ces longs monologues intérieurs, tous les personnages secondaires sont vides et inexpressifs, toute l’action qui n’est pas directement liée à lui est éludée. Et on ne comprend que beaucoup trop tardivement la raison de ce parti pris, à un moment où l’ennui nous a déjà submergé. Ne tentez surtout pas les séances après 20H, effet soporifique garanti. Alors même si Matt Damon a pris 15 kilos pour l'affaire et qu'il livre une très belle performance, et même si la mécanique du film ne mérite pas qu’on la jette aux oubliettes, la mise en scène très sage et les dialogues paresseux laissent une grande impression de film bâclé. Et cela commence à devenir une habitude pour le réalisateur, qui est très fier d’enchaîner les tournages en un temps record (3 films rien que pour cette année !), mais qui ferait sûrement mieux de réduire le rythme pour avoir le temps d’en finir un correctement.

Steven Soderbergh n’a en effet plus combiné un succès public et critique depuis…Ocean’11, en 2001. Il fût une époque où il était le chef de file de ces cinéastes exigeants, capables de livrer des œuvres magistrales pour les grands studios. Aujourd’hui, la Warner n’envoie bouler pour un projet où Brad Pitt avait pourtant donné son accord, alors que n’importe qui se serait battu pour avoir cette équipe quelques années plus tôt. Et quand on voit ce que Tarantino (Inglorious basterds), PT Anderson (There will be blood) ou encore Fincher (Benjamin Button) ont réussi à créer ces dernières années, on se dit que le pauvre Steven est resté à quai de la géénration dorée des années 90. Une suggestion ? Ces réalisateurs ne tournent pas 3 films par an, ils en tournent au plus un tous les trois ans. Et ça se voit.

 

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