Critiques de films et de séries, Actualité du cinéma et du box office
Après ses ennuis juridiques helvético-américains et l’accueil triomphal de son dernier opus The Ghost Writer, Roman Polanski s’est dégoté quatre grand acteurs pour adapter une pièce de théatre de la française Yasmina Rezaï. Le Dieu du carnage narre la rencontre de deux couples de parents après une dispute qui a coûté deux dents à un de leurs enfants.
Tout est prêt pour le grand spectacle : un huis-clos étouffant, des réflexions philosophiques poussées et quatre interprètes très talentueux qui commencent le film avec force et sourires et compliments, pour mieux préparer le moment où ils vont se crêper chignon de manière éhontée avec toute le cabotinage que leur statut de star permet. C’est évidemment ce qui se passe : la politesse disparaît, les chocs deviennent frontaux, les alliances se nouent et quasiment tout le monde craque nerveusement, physiquement ou moralement. Des parents qui s’autocongratulaient de pouvoir mieux gérer la situation que leurs enfants se retrouvent pris dans une spirale identique qui ne semble jamais pouvoir s’arrêter.
Cela pourrait être un spectacle en soi. Et pourtant le film laisse un gout de déception intense tant Polanski semble ne pas savoir quoi faire de son sujet. Rester enfermé dans un appartement pendant 1 heure 20 ne devrait pas effrayer un spécialiste pareil du huis-clos, mais il ne relève pas le défi. Posant sur la pièce de théâtre une mise en scène rigide et statique, il se contente de filmer la dérive de tous ces personnages en laissant le spectateur se délecter de la montée dans les tours de deux femmes (hystériques, évidemment) et de leurs maris (désinvoltes, bien sûr…). Jusqu’à une dernière demi-heure où même des actrices du talent de Kate Winslet et Jodie Foster ne parviennent plus à tenir des personnages théâtraux qui en font des tonnes, et se sentent à l’étroit sur un écran.
Tout cela s’avère au final bien peu passionnant, et surtout manque cruellement de finesse dans la pose des enjeux et l’évolution des personnages. Mais avec des protagonistes de ce niveau, on ne s’ennuie jamais complètement. D’abord quand Kate Winslet a du mal à digérer son clafoutis, mais surtout grâce à Christoph Waltz qui incarne à merveille le personnage le plus déviant et cynique, à la fois le plus intéressant et le plus distrayant.
Le plus triste au final, c’est que la séquence la plus réussie du film est probablement la première, accolée au générique. C’est la seule qui se passe en dehors de l’appartement...
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