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Critiques de films et de séries, Actualité du cinéma et du box office

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Polisse

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La brigade de protection des mineurs à Paris. Un quotidien partagé entre les viols, la pédophilie et les descentes. Une photographe bobo bon teint est envoyée dans la brigade pour faire un reportage commandé par le ministère de l’Intérieur.


Depuis le bal des actrices, la réalisatrice Maïwenn n’a pas perdu ses (très) mauvais reflexes. Cette façon narcissique de se filmer dans un personnage absolument inutile, de mettre son couple avec Joey Star en avant, de polluer son récit par des fragments de vies privées bien balourds. Ces flics, héroïques et consciencieux, ont évidemment des vies personnelles bringuebalantes quand elles ne sont pas complètement ruinées. La ficelle est un peu facile, et Maïwenn tire sur l’opposition de style jusqu’à l’épuisement.


Et pourtant il y a quelque chose de réussi dans le fracas général, et dans le passage en rafale des affaires les plus tordues et les plus écœurantes. Une vision crue et jamais angélique d’une part de la société que l’on a pas forcément envie de regarder. Le film a l’intelligence se mettre en avant des affaires différentes, dans des contextes et des couches sociales variées, de ne pas chercher à faire une thèse de sociologie, mais plutôt de décrire un groupe sous tension, à fleur de peau. L’engueulade semble être d’ailleurs la seule manière de faire surgir des émotions, la seule corde à l’arc de la réalisatrice, au risque de lasser puisque chaque scène est l’occasion d’un coup de gueule. Mais il faut dire que le plus souvent, ça marche, la colère est pure, justifiée…quand elle n’est pas un formidable véhicule de la comédie dans un film parfois très drôle.


Le style documentaire sied bien à l’ensemble, et aurait pu être encore plus dense et explosif si Maïwenn ne se forçait pas régulièrement à intégrer des « vrais » moments de vie pour faire retomber la pression, au prix souvent de la cohérence de son film. Ce mélange hétérogène de flair artistique et de manque d’aspiration se retrouve par exemple dans l’utilisation de la musique. Quand les petits roms emmenés au foyer au bus se mettent à se déhancher, c’est vulgaire et voyeur, presque insupportable. Quand l’équipe se retrouve en boite pour décompresser, c’est lunaire, planant, tendre : un vrai moment de cinéma.


Quand la réalisatrice tente de décrire à gros traits la vie de famille chancelante d’une policière divorcée (Karin Viard), on est presque chez Julie Lescaut. Quand elle décrit la trajectoire déclinante d’une autre (Marina Foïs), dure et dans le jugement perpétuel, elle crée un malaise qui ne nous lachera pas jusqu’ au bout.

Ainsi va le film de Maïwenn, oscillant constamment entre la réussite et le gâchis, entre la finesse et la lourdeur, entre une fraicheur réelle et le cliché le plus appuyé. Pour certains, l’énergie de l’ensemble emportera tout sur son passage. Pour d’autres, le voyeurisme et la maladresse du film le condamnent aux gémonies. Pas facile de choisir son camp…

 

 

Deux points de vue complémentaires sur le film qui résument bien les deux ressentis : ici et .


 

 

 

 

 


 

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