Critiques de films et de séries, Actualité du cinéma et du box office
Johnny Depp voue une admiration sans bornes à Hunter S. Thompson. L’acteur et l’inventeur du journalisme gonzo se sont même rencontrés plusieurs fois avant la mort de ce dernier. Et Johnny Depp l’a déjà incarné dans Las Vegas Parano, adaptation bancale mais sympa d’un de ses bouquins par Terry Gilliam. Son compte en banque étant durablement renfloué par les singeries pirates qu’il a eu l’honneur de faire pour Disney pendant quatre épisodes, Johnny s’est donc lancé avec un réalisateur sur le retour dans l’adaptation d’une autre des œuvres du maître, qui se passe à Porto Rico. Engagé par un journal local, le héros va découvrir tous les bons côtés de l’ile, et quelques uns des mauvais…
C’est vraiment un drôle de film. Comme on en voit plus beaucoup. En fait, Rhum Express suit son sujet jusque dans sa construction et son rythme, gratifiant le spectateur d’un déroulement nonchalant, quand ce n’est pas franchement foutraque, mais sans jamais perdre sa bonne humeur en route. Le film traîne, vagabonde, s’arrête dans les bars, sur les plages, écoute les gens hurler, en voit d’autres danser jusqu’au bout de la nuit pendant que ceux qui restent au bar se saoulent abondamment. Il n’y a presque pas de but à tout ça, juste un ersatz d’histoire entre un journal qui coule et une arnaque immobilière, mais l’intérêt est ailleurs.
Les décors sont idylliques, l’image est superbe et Johnny Depp sait mieux que personne jouer au couillon, bien entouré par des seconds rôles qui rivalisent de lourdeur et de bêtise éthylique, tout en restant aussi sympathique qu’un vieux pote poivrot vers 5 heures du matin. Dur, dur de rester sérieux et cohérent quand on adapte Hunter S. Thompson. Le réalisateur Bruce Robinson ne s'en sort donc pas si mal, et parvient à rendre un petit peu à mettre son film au diapason de cet univers si particulier.
Ce flottement permanent et ce manque d’enjeux clairs laissera probablement un peu de monde sur le carreau. Mais le charme opère très souvent, et avec l’hiver qui arrive doublé du rush de Noël, ce n’est pas désagréable du tout de partir deux heures durant sous un grand soleil, boire du rhum et visiter des îles paradisiaques. Surtout si c’est en compagnie d’Amber Heard…
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