Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Critiques de films et de séries, Actualité du cinéma et du box office

Publicité

Somewhere

EtoileNoire.gif EtoileNoire.gif EtoileNoire.gif

 

cinema_somewhereellefanning1.jpg

 

Le retour (très) attendu de Sofia Coppola… Cela fait un certain temps que la réalisatrice s’est fait un prénom. Même s’il elle continue à bosser en famille (papa Francis finance et son frère Roman co-produit), elle a depuis trois films un univers bien à elle, qui lui vaut une certaine adoration, en particulier pour ses deux premières merveilles, Virgin Suicides et Lost in Translation.


Mais ce film là pourra laisser beaucoup de monde circonspect, même pour les fans de la première heure. On ne parle même pas de ceux qui entreront dans la salle sans savoir à quoi s’attendre…Une sorte de quintessence du film d’art et d’essai hollywoodien : une ambiance, peu de dialogues, encore moins de rebondissements, à peine quelques personnages. Pourtant le thème est  on-ne peut plus hollywoodien : une grande star, un hôtel de luxe, Los Angeles et même un petit bout de Las Vegas. Johnny Marco, acteur à succès et sa fille de onze ans plutôt bonne pâte qu’il doit garder quelques jours. Et puis ? Et puis rien. C’est à peu près tout ce que vous trouverez à l’écran pendant près de deux heures.

Arnaud Desplechin décrit le film comme “la face B de Lost in Translation » et je dois dire que l’image est appropriée. On retrouve avec bonheur cette légèreté, ce regard tendre et un peu cynique sur le monde mêlé avec l’art du cadre de la réalisatrice qui parvient souvent à créer de très belles scènes à partir de pas grand-chose. Comme cette séance de maquillage où le pauvre Johnny se retrouve complètement recouvert d’une matière gluante qui doit lui servir de masque. Ses yeux et son identité disparaissent, jusqu’à qu’on ne le voit plus du tout : sans qu’un mot soit prononcé, la scène en dit beaucoup.


En restant dans la veine des personnages calmes, tranquilles, un peu désespérés, Sofia Coppola nous accroche ainsi à un monde hors du temps d’où la violence, la haine, et tout sentiment négatif est exclu. Un monde quasi sans émotion, si ce n’est cette bienveillance généralisée, que chaque personnage fait passer à l’écran. L’adolescente par exemple, est à contre courant de tout ce qu’on peut voir habituellement, sorte de gosse modèle drôle et facile. Et quand le père ramène une groupie italienne dans la chambre d’hôtel, c’est à peine à travers un regard que la fille osera amorcer un reproche, ça n’ira pas plus loin.


Si l’on peut être charmé par la beauté des images, la tendresse simple des personnages et la qualité de la bande originale, le scénario volontairement vide laisse le film pour ce qu’il est : une expérience cinématographique, parfois plus proche de l’essai que du film à proprement parler. Et cette contemplation d’une vie complètement vide de sens trouvera son aboutissement dans l’épilogue où, enfin, il se passe quelque chose, du mouvement, des décisions, de l’envie…c’est alors la plus belle scène du film et ce n’est pas un hasard.

Observer le vide dans un écrin doré peut avoir un certain charme et même une grande élégance. Mais cela n’est comparable ni à la puissance dramatique de Virgin Suicides, ni à la poésie magique de Lost in Translation…

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article