Critiques de films et de séries, Actualité du cinéma et du box office
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Louis Leterrier peut faire peur, étant donné qu'il a été formé à l'école Besson et à celle de sa boite Europacorp, plus connue pour produire d'épouvantables navets intersidérales à la chaine que pour sa contribution au 7ème art en général. Et son passage aux Etats-Unis n'a jusque là pas été auréolé de grande réussite, pour parler poliment.
D'où une réelle surprise, et un peu de curiosité devant la bonne réputation et le petit succès outre-Atlantique de ce film qui magie qui est cens, comme tout bon prestidigitateur, nous mener en bateau pendant 2 heures pour mieux nous surprendre à la fin. Et pendant un moment, il faut avouer qu'on marche dans la combine de ces quatre magiciens rassemblés mystérieusement, qui se retrouvent propulsés dans un show géant à Vegas où ils se mettent à dévaliser des banques.
Au crédit de ce petit blockbuster estival, beaucoup d'atouts dont ne disposent pas ses concurrents mastodontes, suites ou Comic Books.
En premier lieu, une intrigue originale, basée sur la magie, le spectacle et les braquages, soit un cocktail a priori hyper réjouissant qui a le bon goput de nous faire voyager et de nous en mettre régulièrement plein les yeux. Ensuite, des personnages. Oui, des personnages originaux qu'on prend la peine de nous présenter même si ils sont plusieurs, comme on le faisait à une époque dans tout bon film de braquage. Le vieux renard, le jeune impétueux, le petit débrouillard et la fille (oui, ça suffit pour définir un personnage, n'en demandons pas trop quand même, d'ailleurs il y a forcément une histoire avec le jeune impétueux, vous l'aurez deviné...)
Et surtout un casting 5 étoiles quasi miraculeux pour un film de ce genre. Avec en particulier un Woody Harrelson toujours au top quand il faut jouer au con, Mark Ruffalo qui a l'air claqué dès qu'il rentre dans le cadre et Jesse Eisenberg qui persiste dans la veine des psychorigides indécrottables sur lesquels il risque de passer sa carrière. En prime on a même droit a José Garcia qui passe jouer le français de service...
C'est déjà pas mal, et ça suffit pour remplir le contrat minimum (divertir sans ennuyer) mais il manque quand même beaucoup au film pour n'être qu'autre chose qu'une aimable parenthèse estivale. Un script malin d'abord. Hors, le scénario fait des raccourcis et des mystères de pas grand chose, alors que les tours de ces magiciens sont parfois d'une étonnante facilité à décrypter. mais comme (évidemment) les pouvoirs publics et le FBI sont d'une incompétence absolue, ça passe. Le film multiplie alors les twists téléphonés jusqu'àla grande révélation finale...
Dans ce cas la, quand on s'appelle Setven Soderbergh dans Ocean's 11, on fait assaut de classe et de charme pour que le mcguffin ne soit plus rien et qu'on se laisse gentiment embarquer. Mais quand on a été formé par Besson, on se bat ave ses propres armes, et il ne reste plus au pauvre Leterrier qu'à balancer des kilotonnes de poudre aux yeux pour masquer la vacuité ambiante d'un film qui a les yeux plus gros que le ventre.
Grosse musique, montage frénétique, haute technologie improbable, course poursuite et accident qui servent pas a grand chose, romance filmée sur le pont des arts, Leterrier gesticule comme un magicien pour détourner notre attention et nous faire croire que tout cela est aussi diabolique qu'un Usual Suspects. Intention définitivement mise à mal par un énième twist un peu attendu, qui finit de laisser un goût d'inachevé dans la bouche.
Un peu de subtilité n'aurait probablement pas nui a l'ensemble, mais pour ca, il fallait probablement embaucher quelqu'un d'autre. Apres, c'est toujours plus divertissant qu'un mec qqui prête son armure à sa copine, ou qu'un mutant en voyage gériatrique au Japon... On se contente décidemment de peu en cet été 2013
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