Critiques de films et de séries, Actualité du cinéma et du box office
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Au cœur d'un été américain assez triste, c'est peu dire que Guillermo Del Toro était attendu. Au même titre qu'un Peter Jackson en sandales, le réalisateur mexicain a laissé de côté ses (brillants) films de genre pour se mettre dans les pompes d'un réalisateur de blockbuster. Et quel projet ! Rien de moins que le croisement entre Transformers et Godzilla, un combat épique qui met aux prises des monstres marins géants avec des robots surdimensionnés créés par les hommes pour se défendre contre cette invasion aussi violente qu'impromptue.
C'est ici qu'il faut lever un premier malentendu. Malgré le battage bruyant fait par Warner pour faire croire à un blockbuster des familles, "Pacific Rim" est avant tout un film de geek. Si l'idée de voir des robots plus hauts que la tour Eiffel se mettre des mandales avec des cousins de Godzilla ayant abusé des hormones de croissance ne vous met pas l'eau à la bouche, passez votre chemin.
Mais si vous êtes encore là (et vous avez bien fait), et que vous savez à quoi vous attendre, "Pacific Rim" devait combler (presque) toutes vos exigences.
Ce qui frappe le plus ici, c'est l'incroyable métier de Del Toro qui a réussi à prendre parfaitement en main un engin d'une taille pourtant considérable. Sans jamais se laisser écraser par son projet, le réalisateur livre une fresque d'une surprenante fluidité : on comprend tout, on rentre très vite dans le film, on sait toujours qui est où, malgré la multiplication des robots, des bébêtes et des enjeux. Il va sans dire que le résultat est visuellement irréprochable, jusque dans la manière de tourner autour de ces monstres d'acier, parfois aussi souples que des judokas pour faire un ippon à des Kaijus aussi vicieux qu'impressionnants.
Mais surtout, à la manière d'un Seigneur des Anneaux, Del Toro tient le pari dingue de rester au premier degré. Loin de s'amuser à ses jouets (comme le ferait un Michael Bay), il dramatise la destruction massive, en comptant chaque degré d'espoir qu'il reste à une humanité bien mal en point. Et retrouve, le temps d'incroyables combats marins, un lyrisme dont on ne croyait plus capable le cinéma américain, le tout dans un fracas complet qui met quand même les oreilles à rude épreuve. Mais quel pied !
Un sacré pari pour un film à 190 millions de dollars qui risque de laisser un peu de monde sur le carreau. Une belle audace, contrebalancée par les concessions évidentes au genre. Qu'il y ait été forcé, ou que ce soit volontaire, le scénario reste ancré dans les codes narratifs propres à ce genre de film, avec des personnages clairs comme de l'eau de roche et une succession assez prévisible d'échecs et de réussites. De quoi laisser "Pacific Rim" dans la catégorie des pop-corn movies particulièrement jouissifs, sans être objectivement une réussite totale.
Mais dans la litanie des blockbusters moisis qu'Hollywood nous envoie par cohortes depuis le début d'année, c'est indubitablement un vrai courant d'air frais qui nous frappe la figure avec bonheur.
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mander à ceux qui n'ont pas encore découvert la série de se ruer dessus.
Surtout si vous cherchez un petit show sympa tellement plus agréable et constant que "The Big Bang Theory"....
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