Critiques de films et de séries, Actualité du cinéma et du box office
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Un accident tragique, une veuve éplorée mais pas trop quand même, et une ado déjà pas folichonne qui devient complètement prostrée : c'est la bonne ambiance dans la famille Stoker.
Heureusement que débarque tout d'un coup un séduisant oncle dont pas grand monde n'avait entendu parler jusqu'ici. Le fringant jeune homme vient donc égayer ce qu'il reste d'une belle famille de vampires, et participer à la middle-life crisis de madame, ainsi qu'à la fin de crise d'ado de Mademoiselle.
Le film met rapidement mal à l'aise, et c'est probablement le but recherché.
Entre une Mia Wasikowska totalement mutique, Nicole Kidman en mode "ruinée par l'alcool" et Matthew Goode qui en fait beaucoup trop pour être sincère, on est rapidement gêné par ce petit théâtre familial plus énervant que déroutant.
Park Chan Wook cherche manifestement à jouer avec les codes du film d'horreur et du grand guignol pour créer un univers gênant et second degré. Exercice très compliqué, qui tourne ici rapidement à la catastrophe, à force de personnages transparents et de transgressions trop calculées. Si l'on sent venir le souffre et la violence dès le début du film, l'ensemble est beaucoup trop foutraque pour créer le moindre sentiment de peur ou, même de gêne, et fait même franchement sourire devant des sorties de pistes assez irréelles qu'occasionnent les quelques flashbacks (la scène de la douche restera un grand moment embarrassant dans la carrière de la jeune actrice).
Difficile de rester accroché à cette histoire de faux semblants, qui ne semble exister que pour faire arriver un twist un peu attendu. Au milieu de ce triste spectacle, un grande actrice à la dérive (Kidman, qui tente de refaire le coup de "les Autres", 12 ans déjà, c'est moche) , beaucoup de violence gratuite, ainsi qu'un curieux attelage de seconds rôles et de caméos (le réalisateur de Springbreakers, Dermot Mulroney et même Judith Godrèche..) qui finit de rendre ce "Stoker" totalement irréel.
Que Park Chan Wook ait du talent, c'est une évidence.
Mais pourquoi avoir voulu adapter pour son premier film américain ce scénario insipide ("oeuvre" de Wentworth Miller, héros de Prison break, oui, oui) avec une équipe de has-been et de wanna-be ?
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