Critiques de films et de séries, Actualité du cinéma et du box office

J’ai parfois honte de l’avouer mais j’adore Michael Bay. J’adore son cinéma beauf, régressif et bourrin. Je pense que c’est un genre en soit qui mérite le respect parce que finalement, au deuxième degré, des films comme The Rock, Bad Boys ou Armageddon (son chef d’œuvre) sont tout simplement irrésistibles. On reconnaît ses marques de fabriques assez rapidement : réalisation épileptique, musique pompeuse, arsenal surdéveloppé, humour beauf, bonasse dans le champ (même quand c’est juste pour décorer), méconnaissance totale de toute culture autre que celle du hamburger et patriotisme exacerbé. Ca rend surtout pas plus intelligent, mais emballé avec un bon sens du rythme et aucun complexe, ça donne souvent des résultats très plaisants. Le premier opus de Transfomers était dans cette veine. C’est donc avec de vrais regrets que je dois avouer que sa suite est une bouse intersidérale de compétition.
Tout commence plutôt bien : les US font une intervention militaire en plein cœur de Shangaï pour aller déloger un robot-pelleteuse qui démolit au passage la moitié de la ville. Normal. Mais très vite, on sent que cette fois-ci, rien ne fonctionne : on sait que Michael Bay n’est pas Orson Welles, mais quand même, la réalisation est pour le coup vraiment exécrable. Les scènes de combat sont totalement illisibles, le film est beaucoup trop long, très mal rythmé et affreusement interprété. Pas de plaisir coupable, pas de frisson dans des scènes d’action au montage stroboscopique et, pêché ultime, une forme de retenue dans la destruction massive. Juste des combats de robots impersonnels et mal foutus (merde, c’est pas la peine de vous battre en forêt quand on peut raser Philadelphie !), et le récit des problèmes post ados du héros avec ses insupportables parents, sa copine top model et son coloc geek un peu lourd. Avec en bonus une tentative d’incursion sérieuse dans un ersatz de mythologie robot, foireuse de bout en bout. La déception est totale, et tout ça dure environ deux très longues heures.
Et c’est quand on se demande si notre Michael a vraiment perdu son mojo qu’il daigne enfin offrir vingt minutes dignes de lui : débarquement en force de la moitié de l’armée américaine au Caire, gros fight autour des pyramides, ralentis surexploités, approximations géographiques énaurmes (Petra à côté des pyramides, mais bien sur), fausses morts et vraies résurrections, bref, la totale. Ca se termine avec un discours enflammé du chef des robots sur un porte avion avec coucher du soleil et lever des couleurs. Mais deux heures aussi horribles, c’est quand même trop cher payé pour s’en remettre.
Eté américain pourri : à part Star Strek, et en attendant le Pixar, les blockbusters ont tous été plus nuls les uns que les autres. La grève des scénaristes en 2008 ne serait pas complètement étrangère à ce phénomène, avec effet ricochet un an plus tard.