Critiques de films et de séries, Actualité du cinéma et du box office

Quatre amusants compères partis pour Las Vegas afin d’enterrer comme il se doit la vie de garçon de l’un d’eux qui a décidé de se faire passer la corde au cou. Un prof sexy et grande gueule, un timide, un bizarre et le marié gentil avec tout le monde : ça commence comme n’importe quelle comédie «Vegassienne » et ça continue avec les suites de luxe, les femmes inquiètes à la maison et les premiers verres qui tournent. Mais c’est à ce moment que le scénario bifurque avec une excellente idée : le trou noir complet. Plutôt que nous faire partager en live la soirée hors du commun de nos quatre ivrognes, on retrouve trois d’entre eux au réveil, dans une chambre totalement dévastée en compagnie (entre autres) de poules, d’un tigre, et d’un bébé, et avec une perte de mémoire complète. Le jeu de piste va consister à remonter le temps pour retrouver tout ce qui s’est passé cette nuit, et accessoirement, mettre la main sur le marié disparu avant le grand jour.
C’est en laissant apparaître au fur et à mesure à quel point les conneries réalisées la veille sont épouvantables que le film trouve son rythme, et happe le spectateur. A chaque fois qu’on se dit que c’est la pire, la suivante est encore plus gratinée et entraîne les trois protagonistes dans un tourbillon irrésistible. Bien sur, c’est d’autant plus facile à Vegas, où les prostituées pullulent, où le mariage express est une institution et où les flics semblent être manifestement plus dangereux que les mecs qu’ils enfermement. Les auteurs s’en sont donné à cœur joie, sans aucune restriction ou aucun sérieux. ce qui leur permet d’enchaîner les scènes très réussies, avec l’intervention de personnages hauts en couleur (aah, le mafieux chinois…) C’est donc à la fois très osé (certaines scènes avec le bébé sont hyper limite), parfaitement vulgaire et profondément con, mais complètement assumé, avec talent et sens du rythme. Alors si on peut regretter la fin un peu convenue, on pardonne vite quand se déroule un générique d’anthologie, 200% débile, totalement culte et qui a fait applaudir la salle à tout rompre.
Au vu de son aspect trash, de ses 250 « fuck » et de ses parties intimes en plein champ, ce film a récolté un classement « R » au Etats-Unis. Ce classement est fuit comme la peste par les producteurs puisqu’il empêche un moins de 17 ans d’aller voir le film tout seul, et est sensé rabaisser considérablement le potentiel commercial du film. Depuis sa sortie US il y a un mois, Very Bad Trip bat à plate couture à la fois les blockbusters d’action moisis, mais aussi toutes les comédies familiales mièvres de Will Ferell et d’Eddy Murphy. Un petit phénomène qui rappelle à tout le monde, après Star Trek et avant le prochain Pixar, que la meilleure recette du succès, même aux Etats-Unis reste … de faire un bon film.