Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Critiques de films et de séries, Actualité du cinéma et du box office

Publicité

Non ma fille, tu n 'iras pas danser




Un titre intriguant, à rallonge pour le nouveau film de Christophe Honoré. Après les formidables chansons d’amour et la belle personne, il persévère dans l’étude minutieuse de ses thèmes préférés : la famille, l’amour, le destin… mais avec une focale nouvelle. Lena est une mère de famille divorcée qui fait beaucoup de soucis à sa famille : elle a quitté son mari en emmenant ses enfants avec elle, elle a plaqué son boulot et ne semble plus vouloir se consacrer qu’à ses gosses. Des grands plans sont échafaudés par sa famille pour la remettre en selle. Mais elle résiste…

Le film fait écho de manière assez évidente au Conte de Noël d’Arnaud Desplechin. Même famille très unie où tout le monde se déteste, mêmes constats cyniques sur les vies ratées, mêmes horreurs échangées au repas avec le plus grand naturel. Et accessoirement même actrice (Chiara Mastroianni). Mais là où Desplechin se délectait de cette ambiance chorale et cérébrale, le scénario s’attache très vite à un seul et unique personnage. Le titre anglais est d’ailleurs beaucoup plus évocateur « Plans for Lena ». C’est bien le thème central du film, ou du moins l’angle d’attaque des nombreuses questions qui nous assaillent. Est-ce normal qu’une famille prenne en main ta vie et tes désirs ? Est-ce que c’est par ce que c’est une femme, serait-ce la même chose pour un homme ? Jusqu’où peut-on laisser les membres de sa famille faire n’importe quoi sans intervenir ?

Il n’existe pas de réponse simple à ces questions et Christophe Honoré ne cherche pas à les trouver, ni à baliser une pensée unique. C’est à la fois la force du film et sa plus grande faiblesse. Sa force puisqu’on n’a pas l’impression d’être pris en otage par le réalisateur qui ne fait que décrire des situations de crise et des conflits sans donner l’impression qu’il prend parti. Sa grande faiblesse puisqu’il laisse le spectateur en plan devant un spectacle dont il ne sait pas finalement pas trop quoi faire : l’ensemble manque de but, d’objectif. Et si la première partie garde une consistance grâce aux impressionantes joutes familiales, le récit devient dans la dernière heure très répétitif.
La pauvre Lena est pétrie de bonnes intentions mais rate tout ce qu’elle entreprend, sa famille veut l’aider mais la plombe, Lena pète un câble et envoie bouler tout le monde, puis revient parce qu’elle n’a pas d’autre solution, et on repart pour un tour. On tourne en rond, et dans un cercle qui rend le personnage principal de moins en moins complexe et de plus en plus irritant, à mesure qu’elle met sur les épaules de la terre entière sa propre misère. Il est écrit « Vivez libre » sur l’affiche du film. Si vivre libre c’est envoyer tout promener derrière un flot d’insultes et appeler tout le monde (y compris l’ex) à l’aide dès que ça va plus, pour mieux les pourrir juste après, j’ai dû rater une étape. Seule parenthèse (un peu) raffraichissante, le passage en coup de vent de Louis Garrel qui vient vient faire du Louis Garrel en amant éconduit et cynique.
Alors la réalisation est élégante et légère, les acteurs sont tous parfaitement dirigés, les dialogues sont fins et brillants et pourtant, on reste sur notre fin par manque de sens. Ou alors je n’ai tout simplement pas compris le film et son message. Ou peut-être qu’il n’y a pas de message, juste des questions sans réponse. A l’image de cette curieuse séquence de légende bretonne muette qui coupe le film en deux : c’est original, gonflé, bien filmé…mais finalement assez artificiel et vraiment obscur.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article