Critiques de films et de séries, Actualité du cinéma et du box office
Tous aux chaloupes
Aucun impératif artistique, une histoire bien bouclée, un récit qui devenait poussif et une qualité franchement déclinante : on pensait en avoir fini avec Pirates de Caraïbes. Mais le tiroir caisse a fini par parler : les recettes d’un seul épisode étant équivalentes à un Harry Potter, le 4ème opus de la saga a été officiellement mis sur les rails pour une sortie en 2011. Si la présence de Johnny Depp semble assurée, on est moins sûr concernant ses compagnons d’échappée (et si Orlando Bloom pouvait rester à quai, ça serait une très bonne chose). Côté réalisateur, c’est Rob Marshall (Chicago) qui succède au pâle Gore Verbinski. Un choix curieux qui ne rassure pas grand monde quant à la capacité de la saga de se trouver un second souffle, à défaut de remplir les poches des actionnaires de Disney.
L’envol du cinéma israélien
Mis régulièrement sur le devant de la scène depuis quelques années, à la fois dans les festivals les plus courus et lors des cérémonies annuelles de récompenses, le cinéma israélien vient de connaître une sorte de consécration avec l’attribution du Lion d’Or à Lebanon. Ce film raconte la guerre du Liban de 1982 vue depuis le cockpit d’un tank de Tsahal. Représenté pendant plusieurs années par le seul Amos Gitaï et son âpre cinéma d’auteur engagé, la production locale israélienne réussit maintenant à se diversifier, au travers par exemple de la comédie (La visite de la fanfare) et de l’animation (le triomphe mondial de Valse avec Bashir). Le Lion d’Or, qui récompense le meilleur film du festival de Venise, est (très officieusement) le deuxième plus prestigieux trophée du cinéma mondial, derrière la Palme d’Or.
Un prophète à Hollywood
C’est assez logiquement Un Prophète de Jacques Audiard qui a été choisi pour représenter la France aux prochains oscars dans la catégorie film étranger. Un jury de personnalités françaises décide chaque année du film qui devra porter les couleurs du cinéma hexagonal, l’œuvre devant par la suite être retenue par l’Académie des oscars dans la liste des 5 finalistes qui pourront concourir. Même si cette catégorie est parfois royalement snobée par les médias américains, une nomination voire un oscar peut être une bonne vitrine pour une exploitation américaine.On compte ainsi parmi les lauréats La vie des autres, Tout sur ma mère et même Tigre et Dragon. Pays qui compte le plus de récompenses (14), La France est repartie bredouille depuis… 1993 et Indochine de Regis Wargnier. Ni Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, ni Entre les Murs ne sont parvenus ces dernières années à ramener une statuette. On croise les doigts pour Jacques Audiard
Un colonel pour le Frelon Vert
Dans la nasse des dizaines d’adaptations de comics ou de séries prévues dans les prochains mois, celle du Frelon Vert retient l’attention. Série de quelques épisodes devenue culte en raison de la présence de feu Bruce Lee au générique, son passage au grand écran tenait lieu de serpent de mer depuis plusieurs années. Et c’est le très très talentueux Michel Gondry (Eternal Sunshine, la science des rêves, Be Kind Rewind) qui a mis sur les rails l’adaptation, en recrutant Seth Rogen, Cameron Diaz et Tom Wilkinson. Une telle affiche fait saliver mais c’est sans compter le gros méchant de service. Nicolas Cage ayant quitté le projet en tout début de tournage (l’angoisse, sûrement de tourner dans un bon film….plus l’habitude), le rôle a été repris par Christoph Walz, mieux connu depuis quelques semaines comme le colonel Hans Landa, amateur de strudels et de diversité linguistique dans Inglorious Basterds. Après des décennies d’anonymat complet, l’acteur autrichien se retrouve à Hollywood. On dit merci qui ? Merci Quentin.