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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 14:09
Gravity

 

 

Depuis quand un film n'avait-il pas déclenché un tel buzz ? Depuis plusieurs semaines, c'est une avalanche critique qui a commencé timidement sur les réseaux sociaux pour finir avec une couverture et 5 pages dans Libé.

 

Logique au final, car Gravity sera à la fois une date dans le cinéma de divertissement et dans celui d'auteur. Logique, car Gravity possède une exigence et une beauté rarement vue dans un film de ce budget. Logique, car Gravity semble être l'aboutissement d'avancées technologiques dont on avait jusqu'ici vu que les défauts, et dont l'utilité explose enfin à l'écran. Logique enfin, car le film semble être en passe de pouvoir réconcilier à peu près tout le monde : critique, public, jeunes, moins jeunes, amateurs de blockbusters, de science-fiction,

 

Dès les premières images, c'est le choc. Cette virée dans l'espace depuis la navette Explorer est d'une fluidité sidérante, probablement jamais vue. Avec sa caméra en apesanteur, Curaon tourne tranquillement autour des astronautes qui réparent une télescope, avec la Terre en décor et le lever de soleil pour agrémenter le spectacle. La 3D prend enfin tout son sens, la bande son est partagée entre le silence et les blagues de George Clooney, tout n'est que paix et harmonie, malgré Houston qui s'inquiète de la forme physique du docteur.

 

Puis, c'est l'accident, spectaculaire, éprouvant, et pourtant d'une rapidité foudroyante.  En restant accroché à ses personnages dans un plan séquence complètement dingue, le réalisateur ne fait pas seulement étalage de sa technique, il nous fait vivre en apesanteur un choc silencieux d'une violence inouïe, qui se termine dans un néant total et terrifiant. On peut se demander si le film parviendra à se relever d'un tel morceau de bravoure...

 

C'est pourtant à ce moment précis qu'il entre vraiment dans son sujet, car Gravity est un film de survie. Derrière les prouesses techniques et la sidérante réussite visuelle, le film raconte la plus simple des histoires, peut-être la plus ancienne de toutes. Et même si ce n'est plus nature qui se déchaîne, mais des satellites, des débris et des navettes en détresse, l'histoire reste la même. Curaon reste fixé sur des êtres humains et ce qu'il savent faire de mieux : survivre. En s'accrochant à ses images, des souvenirs, en les inventant un peu parfois, en cherchant le moindre son dans un univers de silence...

 

Pour pousser jusqu'au bout la réussite totale de l'entreprise, même le scénario nous ballade, ose quelques surprises, réserve de magnifiques moments de poésie. Et l'on se prend à s'accrocher à son siège à chaque mouvement brusque, à s'asphyxier avec  les astronautes, à sentir le même désespoir. Grâce à un travail exceptionnel sur le son, on se rapproche même du fantastique quand ces navettes explosent en millions de débris dans un silence étourdissant.

 

Expérience d'immersion totale absolument spectaculaire, fruit du travail d'un auteur qui a porté de bout en bout sa vision exigeante et décalée de ce qu'est un film à gros budget. Un auteur qui a compris que la plus brillante des techniques et la plus incroyable des scènes ne résonne que si, au centre de tout cela, il y a un bout d'humain.

 

Courez voir Gravity en 3D et en salles, c'est là qu'il faut le voir.

Sur petit écran, il sera trop tard..

 

 

 

 

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Published by DH84
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commentaires

Chris 13/11/2013 16:19

Ah !
Enfin j'écoute Le Masque... heureusement, quelques humains sur cette planète cine sont restes les pieds sur terre et n'ont pas cédé a l'hallucination collective.

DH84 15/11/2013 17:44

Pisse froid ;)

DH84 28/10/2013 16:06

LE film qui réconcilie tout le monde... gros succès en vue.
Je vais aller voir Besson ce soir, ça va me faire revenir sur Terre

MicZem 28/10/2013 15:10

Tout à fait d'accord. Je rajouterais aux points positifs: la durée (1h30, ça change des films spectacles qui se croient obligé de faire long), les ellipses nombreuses et maitrisées (on s'épargne le faux suspens de passer des heures à ouvrir la porte d'un sas, etc.)

Le découpage du scénario fait très jeu video (ce n'est pas une insulte), avec le prologue, le tutorial, la partie difficile, et la partie très difficile avec tout écrit en chinois.


On aurait pu s'épargner le plan de 25 seconde sur sandra bullock en position foetale avec son cable d'oxigène comme cordon ombilical mais bon...

Enfin la 3D rencontre le cinéma, c'est pas trop tôt.

MicZ