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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 07:59
Jacky au royaume des filles

 

 

Après le succès (hyper mérité) de sa comédie "Les Beaux Gosses", Riad Sattouf a décidé de mettre le paquet. Un gros film donc, avec un casting très impressionnant et un pitch ambitieux : inverser le temps d'un long métrage les rapports de domination homme femme. Hélas, une sortie en catimini et une toute petite campagne de promo laissait présager un accident industriel XXL. A la vue de ce drôle de truc, on peut comprendre que l'expérience ait laissée perplexe beaucoup de distributeurs, même si on est forcés d'admettre que l'originalité et la bouffonnerie du projet fait plaisir à voir dans un paysage du cinéma commercial français qui ne semble plus carburer qu'aux vieilles gloires et aux comiques lessivés.

 

Bienvenue en République Démocratique de la Bubunne, où les chevaux sont vénérés, et où les femmes ont le pouvoir. Les hommes voilés sont exclus de toute fonction officielle, et restent sagement à la maison pour s'occuper de la lessive, des fringues et des enfants. Une espèce d'Afghanistan inversé, dans lequel Jacky ne rêve que d'une chose : épouser la grande colonelle pour lui donner plein de petites filles.

 

Le concept est osé, et fonctionne plutôt bien dès le début du film. Avec un principe aussi loufoque, les gags et références pleuvent pendant une mise en place qui est à la fois efficace et  intéressante. Parce que derrière la grosse blague, le film questionne sans cesse nos représentations et nos habitudes, comme avec ses gangs de petites filles qui font fuir les garçons. On avance sur un ton juste, assez équilibré entre l'intérêt du principe et les numéros d'actrices toutes contentes de venir jouer les harpies sans vergogne, que ce soit Anémone en Pinochet(te) ou Valérie Boneton en shérif hystérique.

 

On aurait aimé que le film se maintienne à ce niveau, et reste cette série Z perturbante jusqu'au bout. Mais le scénario est assez vide passé l'histoire de Cendrillon inversée, et la dernière scène surréaliste ferait basculer ce Jacky du côté des nanars totalement improbables.

 

Le film est bancal, imparfait, bordélique. Son casting 5 étoiles et ses décors travaillés rendent l'expérience encore plus déroutante, mais plus distrayante que beaucoup (beaucoup) de films "populaires" du même acabit... 

 

 

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Published by DH84
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